arrivée au monastere

La descente du bus fut si brève que ses yeux et ses lèvres me transpercèrent de leur chaleur si puissante et confortable; alors un délice enivrant parcourait mon visage puis mon corps, ce dernier tentant d’enlacer le sien à travers nos épais vêtements. Une onde de plaisir et de réconfort avait engourdit mon être et la fin de ce baiser devait nous plonger dans le début de notre route. Nous devions cheminer dans un froid certain vers ce lieu si mystérieux dont je tentais de me faire une idée depuis tant de jours déjà. J’aime découvrir les lieux dans la nuit noire, dans un mutisme que seuls les cris d’animaux et le bruissement de la pluie peuvent éteindre, une surprise timide qui précède celle du lendemain, celle du jour, de la vision et des événements.
Les nuages éparses ne nous permettaient pas de voir ces météores annoncées, quoiqu’il en fut nous marchions ensemble au sein de cette froide brume de décembre et c’était dans une humeur de joie; que les retrouvailles empruntent parfois aux lieux et aux moments; que nous faisions le tour du monastère à pas feutrés en se tenant la main et en riant. J’étais si touché d’être accueilli au sein de ce havre par celle qui m’avait déjà si profondément touché. Avant de m’imprégner des lieux je voulais m’imprégner d’elle de son parfum son rire ses regards sa voix habillée d’une robe indescriptible et d’une silhouette unique. J’aimais déjà, au bout de quelques minutes, l’entendre parler, l’entendre me parler. Comme si son accent me donnait de légères et fiévreuses caresses je voulais goûter sa présence.